
La maladie d’Alzheimer, qui touche plus de 26 millions de personnes à travers le monde, est l’objet de nombreuses études destinées à percer ses mystères. Des centaines de protocoles scientifiques sont aujourd’hui en cours pour tenter de mieux comprendre la maladie d’Alzheimer et mettre au point des traitements qui soulageront les victimes de cette terrible affection. Dans cette optique, des chercheurs français ont publié fin décembre leurs travaux portant sur les récepteurs des cellules nerveuses du cerveau humain.
Une découverte française sur Alzheimer
La recherche dont il est question porte sur les moyens chimiques pouvant changer l’emplacement des récepteurs au glutamate dans le cerveau. Ces derniers sont importants dans la transmission de l'information entre les cellules nerveuses et peuvent donc influer sur le développement de la maladie d’Alzheimer.
Publiée après Noel dans la revue scientifique anglaise Nature Chemical Biology, cette découverte ouvre des la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques qui d’ici 5 à 10 ans, estime Daniel Choquet. Réalisée sous la houlette de ce brillant scientifique au IINS de l’université de Bordeaux, cette études est utile dans le soins de nombreuses maladies neurologiques comme la maladie d’Alzheimer.
L’IINS fait partie du pôle des neurosciences de l'université de Bordeaux 2, un des principaux centres français de recherche sur le cerveau avec 45 équipes représentant 535 chercheurs, ingénieurs et techniciens.
Jusqu’à lors, aucun outil n’existait pour changer la localisation du glutamate. Grâce à ce travail, les scientifiques comprennent mieux comment les récepteurs se stabilisent. Un pas en avant pour soigner les maladies comme Alzheimer. L’étude dirigée par l'IINS, a été réalisée en collaboration avec le Bordeaux Imaging Center imagerie nanoscopique ainsi qu’une équipe de chimistes du prestigieux MIT aux USA.
L’intérêt de cette recherche est la compréhension des mécanismes permettant de rendre réversible le processus en cause dans certaines maladies du cerveau. La molécule de synthèse qui a été développée imite le processus des maladies dans lesquelles il y a un désordre synaptique. (Les synapses étant les zones de contact entre les neurones), a précisé le scientifique.
Il pense que cette molécule ‘’chef’’ pourrait conduire au développement d’une nouvelle génération de thérapeutiques.
Alzheimer : une nouvelle recherche sur la protéine Tau
La protéine Tau est une substance essentielle à la stabilisation des cellules, en particulier les neurones. Dans le cas de beaucoup de maladies neurodégénératives appelées Tauopathies, comme la maladie d’Alzheimer les protéines Tau s’accumulent beaucoup trop et seraient responsable de la mort des neurones.
L'équipe scientifique « Alzheimer & Tauopathies » placée sous la houlette de Luc Buée, directeur de recherche CNRS au sein de l'Unité 837 Inserm, l’Université Lille Nord de France et du CHRU de Lille, vient d'identifier le nouveau rôle joué par ce type de protéines. Tau serait impliqué dans la protection de l'ADN dans des conditions de stress cellulaire.
L'équipe « Alzheimer & Tauopathies » dirigée par Luc Buée révèle qu'une fraction de la protéine Tau sous sa forme « déphosphorylée » est capable, en conditions de stress cellulaire, de se fixer à l'ADN pour le protéger. L'équipe de recherche a également montré que seules les protéines Tau déphosphorylées sont capables de passer dans le noyau de la cellule nerveuse pour protéger l'ADN.
Ces recherches ouvrent la voie à de nouvelles pistes de soins permettant d’avancer plus rapidement dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées. Les conclusions, publiées dans la dernière édition de la revue scientifique The Journal of Biological Chemistry, sont disponibles sur internet.