Alzheimer : les femmes accompagnent davantage les malades

Les traditions héritées de notre patrimoine culturel place la femme comme la principale responsable des soins et du confort des siens. Ainsi, les aînés déposant souffrant de la maladie Alzheimer sont dans deux tiers des cas épaulés par des femmes. Des femmes courageuses qui font chaque jour le sacrifice de leur vie personnelle pour aider leur proche à surmonter la maladie d’Alzheimer. Ces tâches ne sont pas sans affecter leur santé, mais aussi leur carrière et le bien-être de leurs enfants. Devant l’augmentation sensible des cas d’Alzheimer en France, il est urgent de trouver une solution pour soutenir les familles en difficultés.

Les aidantes de malades d’Alzheimer sur tous les fronts.

Les personnes âgées atteintes d’Alzheimer ayant fait le choix de demeurer à domicile, nécessitent une assistance extérieure pour faire face à la perte d’autonomie progressive dont ils sont victimes. En effet, les symptômes de désorientation, de pertes de mémoires, conjugués aux problèmes physiques du grand âge, fragilisent les malades d’Alzheimer, qui ne sont plus en mesure de vivre seul chez eux, en sécurité.

Les femmes de leur entourage, qu’elles soient épouses, sœurs, filles, belles-filles sont en première ligne des responsabilités assumées par les familles dans la prise en charge de ces aînés, et ce qu’elles soient encore ou non en activité. L’accompagnement est généralement assuré par des femmes d’une cinquantaine d’années, qui ont également mené de front une vie professionnelle et familiale intense.

Gare à l’épuisement qui guette les aidantes de malades d’Alzheimer

Les aidantes de malades d’Alzheimer se chargent de responsabilités nombreuses et variées, le plus souvent sans congés, ni week-end. Ainsi, ce sont la plupart du temps les femmes qui se chargent de la préparation des repas, de l’entretien de la maison du malade d’Alzheimer, de son linge, mais aussi des soins corporels d’hygiène.

Elles sont par ailleurs à l’écoute de la souffrance de la personne âgée, avec qui les échanges peuvent être parfois houleux en raison des troubles générés par la maladie d’Alzheimer. Les confusions, le manque de compréhension mutuel peut faire naître un sentiment d’agacement chez l’aidante, qui n’est pas formée à la prise en charge spécifique de la personne âgée atteinte d’Alzheimer.

A la fois infirmière, psychologue et aide-ménagère, il n’est pas étonnant que nombre d’entre elles soient dans une situation d’épuisement notable. Cette situation est dangereuse, car elle peut à terme être source de maltraitance, passive ou active. Avant d’en arriver à des situations extrêmes, mieux vaut envisager une solution de relais, comme un accueil en maison de retraite, temporaire ou définitif.

La carrière de l’aidante du malade d’Alzheimer est mise à mal

L’accompagnement du malade d’Alzheimer a des conséquences importantes sur les aspects conjugaux, familiaux et sociaux de la vie des aidantes. De nombreuses études menées auprès d’elles mettent en relief les bouleversements de leur existence.
La prise en charge a comme répercussion la diminution importante du temps et de l’énergie à consacrer aux relations avec les enfants, le conjoint, les parents et les amis.

Par ailleurs, les aidantes, nombreuses à être sur le marché de l’emploi, rencontrent des difficultés d'organisation du travail, comme le refus de responsabilités professionnelles, le passage à temps partiel, les congés sans solde, la démission ou encore le départ en retraite anticipé.

Les salaires des femmes statistiquement plus faibles que les hommes à compétences égales, sont encore diminués du fait de ces responsabilités familiales. Un problème qui commence à être pris en compte par les autorités, qui examinent la proposition d’intégrer le travail d’aidant dans le calcul de la retraite.

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