Alzheimer : Vers un nouveau dépistage précoce

Le laboratoire américain Eli Lilly vient de mettre au point un test de dépistage précoce, permettant de détecter la maladie Alzheimer au tout premier stade, alors que la pathologie ne provoque pas encore de symptômes cliniques chez l’individu. La revue scientifique américaine Jama a publié deux articles relatifs à cette découverte majeure dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer, mettant en avant le caractère très prometteur de cette recherche.

Comment fonctionne le nouveau test Alzheimer ?

Le géant américain Eli Lilly a développé un produit baptisé Amyvid. Il s’agit d’un outil d'imagerie médicale fonctionnant avec une technologie particulière: la tomographie par émission de positons (TEP) des dépôts de plaque bêta-amyloïde. Le patient se verra tout d’abord injecté un produit ‘’radioactif’’ dans le sang.

Ce produit parcourra l’organisme jusqu’au cerveau ou il adhérera aux plaques de beta-amyloïdes éventuellement présente. Cette substance, caractéristique de la maladie d’Alzheimer, deviendra ensuite repérable au moyen d’un scanner.

Les auteurs de l’étude affirment que ce test permettra la détection de la maladie d’Alzheimer des dizaines d’années avant l’apparition des premiers symptômes cliniques.
Le bio-marqueur révélant la présence de plaques amyloïdes constitue une grande avancée car jusqu’à aujourd’hui, le diagnostic de maladie d’Alzheimer ne pouvait être obtenu avec certitude qu’après une autopsie du cerveau du patient décédé.

Or, le diagnostic de la maladie d’Alzheimer constitue un enjeu de santé publique essentiel dans les pays occidentaux ou cette pathologie se développe telle une pandémie.

Un test Alzheimer en cours d’approbation


Cette découverte découle d’une opération de rapprochement avec une autre entreprise. Le laboratoire Elli Lilly avait fait l’acquisition de Avid Radiopharmaceutiques, en Décembre 2010. Amyvid avait été admis récemment à une revue prioritaire de la FDA (l'administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments).

Pour confirmer les premiers résultats encourageants sur ce nouveau test de dépistage Alzheimer. Une étude scientifique de phase 3 et d'autres études cliniques sont en cours dans l'Union européenne, en Amérique du nord et du sud mais aussi en Australie et en Asie. La FDA devrait rendre son avis définitif avant le mois de juin.

Même si l’étude est concluante, il faudra former les médecins à une lecture précise des résultats, sans quoi ce test n’aurait pas d’intérêt.

Les risques du dépistage précoce d’Alzheimer

Bien que cette découverte soit remarquable sur le plan scientifique, elle soulève de nouveau des questions sur le plan éthique. En effet, on peut légitimement se demander s’il existe un intérêt quelconque à connaître le diagnostic d’Alzheimer, alors même qu’aucun traitement ne permette d’en guérir.

Ce débat houleux partage la communauté scientifique. D’une part, les uns affirment que le diagnostic précoce aura des conséquences négatives comme une augmentation des primes d’assurance, des difficultés à trouver un conjoint, et des répercussions psychologiques comme l’angoisse et la dépression.
D’autre part, se savoir être atteint de la maladie permet d’anticiper les symptômes et d’adapter son mode de vie, en préparant à l’avance sa prise en charge.

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